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Le loudness (sonie) en mastering #2

28/1/2018

Nous avons, dans la première partie, défini ce qu'était la sonie (loudness) d'un fichier audio et comment la mesurer.

 

Cette sonie, exprimée en LUFS, indique le niveau de volume perçu par l'auditeur.

Maintenant, voyons concrètement comment cela peut impacter vos productions.

 

LA "LOUDNESS WAR"

 

Aux débuts du CD, on convertissait simplement les enregistrements analogiques au format numérique sans chercher à pousser leur sonie, les niveaux atteignaient rarement le 0dBFS. La musique conservait donc sa dynamique originale. Les niveaux de sonie étaient de l'ordre de -18 LUFS.

 

L'industrie a ensuite cherché à augmenter cette sonie. Pourquoi ?

Tout simplement car la première impression d'écoute d'un morceau est toujours meilleure si celui-ci sonne plus fort (c'est psychologique!).

Il fallait donc se démarquer de la concurrence en étant toujours plus fort.

A partir des années 90, la sonie des productions musicales a augmenté progressivement, et la dynamique s'est retrouvée de plus en plus écrasée. Personne ne voulait sonner moins fort ou plus "petit".

 

On est arrivé aujourd'hui à des niveaux de sonie qui peuvent atteindre -6 dBFS.

On peut citer de récents albums des Red Hot Chili Peppers, de Metallica, de Sting,...

Mais c'est également le cas pour de petites productions indépendantes qui sont masterisées très fort.

Mais quel impact sur le son ? 

 

Cela se traduit par des titres plus plats, fatigants à écouter à la longue car très "remplis" et présentant peu de variations, ainsi qu'une distorsion omniprésente (pas forcément audible directement mais qui finit par fatiguer l'oreille).

Les percussions, les batteries, les transitoires de la voix, les soli subtils ont peu de place pour s'exprimer.

 

Reprenons un passage de notre extrait 1 (voir notre première partie) qui avait été boosté de -19 LUFS à -9 LUFS.

Afin de bien pouvoir les comparer, et ne pas être trompé par le volume plus élevé, j'ai ramené les 2 fichiers au même niveau, c'est ce qu'on appelle la normalisation.

Je vous conseille d'écouter assez fort pour bien distinguer les différences, elles sont le plus perceptibles à l'arrivée du refrain à 15s.

 

 

Que constate-t'on ?

- La caisse claire a perdu pas mal d'impact, surtout dans le grave.

- La basse également a perdu de l'impact et de la présence.

- Le son est moins aéré et plus compact.

- La différence de volume et d'intensité entre le couplet et le refrain est plus faible.

 

Voyons comment a évolué la sonie :

 

Notre fichier à -19 LUFS :

 

 Notre fichier à -9 LUFS :

 

On voit très bien ici à quel point le refrain a été écrasé par rapport au couplet. Le relief et le contraste global du morceau ont été réduits.

 

Un titre à la sonie plus faible est donc beaucoup plus vivant et fidèle au mixage d'origine. Toutes les subtilités sont conservées.

 

Au final, on croit gagner de la puissance en augmentant la sonie, alors qu'en fait on perd de la pêche et de l'intensité!

 

Heureusement on commence à faire machine arrière, certains albums CD retrouvent de la vie avec une sonie plus raisonnable. Je prendrai comme exemple l'album "Random Access Memory" de Daft Punk qui nous offre une très belle dynamique, avec des titres tournant autour de -11 LUFS.

 

Chez STORK Mastering nous mettons un point d'orgue à respecter au maximum la dynamique des morceaux!

 

Bien entendu il s'agit ici d'une analyse très générale, cela dépend beaucoup du style de musique et du mixage réalisé.

LE STREAMING

 

Mais alors quel est l'impact de tout cela aujourd'hui dans la production musicale ?

 

La musique est désormais énormément découverte et écoutée via les plateformes de streaming, d'autant plus pour les petites productions.

 

Bien souvent, c'est le master CD qui est utilisé et envoyé, sur deezer, spotify, … ou via une vidéo sur youtube.

Master CD qui sera la plupart du temps au-dessus de -10 LUFS.

 

Sauf que… les plateformes de streaming normalisent désormais les morceaux!

Pour que l'écoute de l'ensemble de leur catalogue soit homogène, tous les titres sont ramenés à un niveau de sonie équivalent.

 

Et les valeurs sont désormais plus ou moins connues, jugez par vous-même :

Youtube       -14 LUFS

Spotify          -14 LUFS

Tidal             -14 LUFS

iTunes           -16 LUFS

 

C'est bien moins que les -9 à -7 LUFS propres à beaucoup de master CD audio!

 

Votre master CD à -9 LUFS diffusé sur Youtube sera abaissé de 5 dB, et vous aurez tout simplement perdu 5 dB de dynamique par rapport à un master optimisé qui aurait été réalisé à -14 LUFS!

 

En images, ce sera plus parlant :

 

 

La "loudness war" est ici totalement contre-productive!

 

Je vois de nombreuses productions indépendantes qui publient des vidéos sur Youtube avec un master totalement inadapté. Pour le constater, il suffit de faire un clic droit sur une vidéo Youtube et de choisir "statistiques avancées":

 

 

Youtube a mesuré que la sonie de ce titre était 6,3 dB au-dessus de leur niveau de référence. Résultat, le volume de diffusion est diminué de plus de 50%.

(la valeur est indicative, on ne connaît pas la méthode de calcul exacte de Youtube).

On imagine ici que la sonie du master d'origine devait tourner aux alentours de -8 LUFS.

 

A l'écoute sur un ordinateur, on constate bien que les pics ne dépassent pas -5 dBFS :

(les pics sont normalement prochent de 0 dBFS pour exploiter au maximum la dynamique disponible)

 

Pour des morceaux très hétérogènes, comme un morceau très calme (globalement à -14 LUFS) avec un passage court et très puissant (qui montera à -8 LUFS), on va même au final chercher à avoir un niveau de sonie intégrale encore inférieure à -14 LUFS afin que le passage puissant ne soit pas complètement écrasé.

 

J'ai pris Youtube comme exemple mais cela est valable pour l'ensemble des plateformes de streaming.

 

CONCLUSION

 

J'espère vous avoir montré que pousser la sonie d'un titre au mastering, surtout lorsqu'il est prévu une diffusion sur les services de streaming, n'a plus de sens aujourd'hui et est totalement contre-productif.

Laissons vivre et respirer nos musiques et respectons tout le travail d'écriture, d'enregistrement et de mixage réalisé en amont.

Et comme nous aimons la musique, STORK Mastering fournit toujours un master optimisé pour le streaming en plus du master CD.

 

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